Échos-graphies...
Bain de nature et tourbillon de mots
- juillet 2008
Voici quelques échos, en mots et en images, de ce groupe qui s’est tenu à la Verrière du Spa Eastman.


Au cœur de ce jardin, le temps n’existe pas ! Il s’est transformé en odeurs, chaleur, bruits, lumière. La palette multicolore de fleurs qui le composent ondule sous le vent : marguerites des champs, grands cosmos élancés, verveine, dahlias… Au loin, un arbre à perruque pourpre hoche sa tête chargée de fleurs.
Chaud, le soleil pique la peau… Dans le ciel, de gros nuages blancs dessinent leur univers sous l’effet de la brise. Pommelés comme de grosses barbes à papa, ils invitent au rêve par toutes les figures qu’ils empruntent : ici un grand cheval, là un requin mangeur de nuages; encore là, une sorcière avec son grand nez tout tordu… Sur le tableau bleu du ciel, ils inscrivent des moments de grâce.
Les abeilles affairées se pressent de fleurs en fleurs, c’est que pour elles, la saison est comptée : vite, vite, faire des provisions avant l’hiver ! Aller-retour avec la ruche, vite, vite, ruche, boulot, vite, vite ! Vite, vers la marguerite, il y a déjà quelqu’une… là, un cosmos, et puis, vite encore vers ces gaillardes appétissantes : le ballet qu’elles dansent est un hommage à cette nature qui les a fait naître.
Il devient, un court instant, facile dans ce jardin d’oublier : le rappel de la mort qui vient frapper à la porte, nos errances, nos questions, nos doutes. En se fondant dans cet univers originel, nous ne faisons que reprendre contact avec ce qu’il y a de plus profond en nous, de plus vrai, de plus... naturel : notre vraie nature, notre propre jardin intérieur où le temps n’existe pas. .
Brigitte Caselles
Bonjour Denise,
Je suis revenue enchantée de l'atelier et du séjour dans un environnement
pittoresque et savoureux. L'endroit idéal pour faire éclater mes mots et
me permettre de rejoindre mon être dans une autre dimension.
Grâce à toi et à ta présence, tout devenait possible. Merci de
nous donner cette chance de savourer également les textes des autres.
Alain m'a envoyé un mot d'appréciation sur mes textes : « beau, simple, doux,
intérieur, avec une belle imagination de conte d'enfant. C'est magnifique
pour l'âme ». Michèle m'a demandé de lui envoyer mes textes, ça la calme, m'a-t-elle dit. Bon. Ça fait du bien à entendre
.
Madeleine Blais
 Je suis revenue comblée de mon expérience d'écriture en nature. Avec un regard transformé. Dimanche, j'étais à la pêche sur le bord d'une rivière et comme le poisson n'était pas au rendez-vous (encore une histoire de pêche!!!), je contemplais donc le paysage. Alors là j'ai pris conscience que je ne le regardais plus de la même manière mais en imaginant ce que je pourrais bien écrire sur ce que j'admirais. La beauté du paysage devenait vivante et métaphorique. Quelle nourriture pour le coeur et l'esprit ! Bref voilà un des héritages que je porte en moi depuis ce rendez-vous de fleurs humaines. Je t'en suis reconnaissante.
Michèle Tardif
Bonjour Denise,
Juste un petit mot pour te remercier de ces beaux deux jours passés en ta compagnie ainsi que celle des participants présents. Merci pour ton texte, écrit avec ton coeur, merci aussi pour m'avoir fait connaître le livre de Denise Noël : Bungee, Vibrato et Tango (je le dévore depuis mon retour), il a été placé sur ma route par la Vie, comme tant d'autres choses depuis tant d'années que je chemine.
Lilianne Perreault
Le goût de fleurir (extraits) 
Comment ai-je le goût de fleurir ?
En fait, je sens que j’ai le goût de vivre chacune de mes fleurs en autant que la paix se vive dans le bouquet. Oui je peux vivre la marguerite, ce soleil irradiant sur son passage mais je ne veux pas me brûler ou flamber mon entourage. Oui je veux être doux comme la tulipe, mais je vous avertis, n’arrachez pas mes pétales, ou ça ira mal. Oui je vis la complexité de l’orchidée mais il y a derrière tout cela la simplicité de ma vérité. Oui je suis parfois l’épine de la rose, mais je ne le suis pas en toute chose. Oui, de plus en plus profondément je vis la vulnérabilité de la giroflée.
J’aimerais exister, m’exprimer, mais jamais je ne me plaindrai. Oui je sais que mes parfums ne sentent pas tous bon. En tout cas ce sont les miens et pour de bon. Oui je sais que l’amour n’a pas vraiment de couleur, mais pour moi c’est mon bouquet qui colore mon cœur. Oui je sais que je suis plus que ce bouquet, mais en ces fleurs et en ce bouquet je me reconnais…
En été, en automne, en hiver ou au printemps, je désire fleurir quelle que soit la saison, fleurir sans mentir, quel que soit le lieu fleurir et oublier les envieux, quelle que soit l’année me brancher sur mon authenticité. Me brancher, oui quelle bonne idée, me brancher sur mes vieilles branches, sur mes racines, sur ce qui me branche…
J’aimerais me laisser porter par le vent vers d’autres fleurs, d’autres bouquets, d’autres courants, d’autres sources du vivant… Éprouver le bonheur de fleurir dans la joie, l’étonnement par surcroît. Mais aussi plonger mes racines dans la bouette, la gadoue, enseveli de partout, pouvoir ensuite nager, remonter et percer le sol qui m’attend, et l’émerveillement des enfants.
Alain Rochon
Jeudi, 17 juillet, 10h
 Le bruit d’une tondeuse, les trilles d’un oiseau caché à ma vue, puis deux poteaux de téléphone, là, droit devant moi. Les fils électriques traversent le chemin des Diligences comme une portée dans un livre de solfège. La belle roche grise me plaît, posée devant les astilbes, comme un rempart.
Brigitte a reçu une mauvaise nouvelle cette nuit. Son coeur en est chamboulé. Bien sûr, on ne perd pas son père comme on perd son mouchoir…
Une cloche en airain est suspendue à l’entrée de la Verrière. Cela ajoute au décor champêtre une touche monacale. Un peu plus, nos mots tremblants et nos fières pensées se prosterneraient aux pieds de la Réalité.
Au fond, là-bas, j’aperçois des massifs de lys d’un jour. Je rêve de lys d’une heure, ou d’une minute, qui s’ouvriraient en atteignant leur apogée. Ce serait la fine fleur de l’instant. Et je la baptiserais Here and now forget me not.
Denise Neveu
- mai 2008
Je salue ici Louise qui nous a accueillis dans sa magnifique demeure pour ce Bain de nature sous la pluie, et tous les autres participants dont je n’ai aucune trace visuelle à vous présenter, mais qui ont laissé de fortes empreintes de leur présence et de leurs écritures à l’intérieur de moi : Charlotte, Lise, Gisèle, Danièle, Sylvie, Diane, Gérard, Danielle, Renée et Diane.
Ces deux dernières vivaient une seconde expérience d’écriture-nature. Voici les commentaires qu’elles m’ont fait parvenir quelques jours plus tard :
Bonsoir Denise,
Je découvre les plaisirs des mots et aussi de la nature qui me parle de plus en plus et qui enseigne à ma petite tête trop rationnelle les beautés de la vie.
Je ne regarde plus les fleurs de la même manière. Le muguet et ses clochettes bien sûr me font rire, je les entends papoter entre elles comme des commères joyeuses et surtout, surtout, les pissenlits. Wow, quelle fleur anarchique intéressante et sauvage! Une découverte! Et comme il y en a partout en ville...
Merci à toi et à la tribu des scribes que tu as réussi à réunir comme par magie. J'ai hâte de me mettre un peu plus à l'écriture. Je garde contact avec toi par le biais de ton livre et de sa traversée.
Diane Letendre
Bonjour Denise,
En ce deuxième Bain de nature, les mots ont coulé plus librement qu'au premier. Il y avait moins d'attentes et d'exigences de ma part. Le plaisir était au rendez-vous, enfin. J'étais là pour moi, mais beaucoup pour mon père que j'aime et apprécie énormément depuis toujours. Ton atelier a permis une belle rencontre entre une fille et son père, mais aussi la découverte de l'être sensible et créateur que je devinais sous son armure de retenue silencieuse. Il a permis un rapprochement entre deux êtres liés l'un à l'autre par le sang, mais aussi par une même passion: celle des mots et de la langue. Merci de partager ton amour de l'écriture avec nous et de m'avoir permis de découvrir d'où je viens.
Renée Laurin
- mai 2007
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En prenant le Mont Orford à témoin, chacun(e) installait d’abord son cahier-chevalet à l’endroit de son choix pour écrire d’après nature…
Puis nous revenions dans la grange à Louise pour explorer les faits saillants de notre histoire avec la nature et en nourrir nos imaginaires. |

J'ai toujours cru que l'écriture était une activité solitaire. Je la fuyais souvent par besoin de me lier aux autres, pour sortir de mon isolement. J'aime les gens, les échanges vrais et sincères. Ton atelier m'a fait découvrir que les deux n'étaient pas nécessairement incompatibles. On peut écrire tout en se liant à d'autres qui partagent la même passion. Quelle belle découverte!
À mon retour à la maison, les mots trop longtemps retenus se sont mis à pleuvoir dans ma tête. Un véritable déluge de mots et de phrases. Depuis deux jours, j'écris sans pouvoir m'arrêter. Je suis inspirée comme jamais. J'ai l'impression d'avoir mis au monde l'écrivaine qui dormait en moi depuis des années. Je suis Renée pour la troisième fois! Merci à toi. Tu as raison, tu es la sage-femme des écrivains en dormance…
Renée Laurin
Chère Denise,
Ce matin, je me suis levé de bonne heure et de bonne humeur. Une pensée m'envahissait, celle d'une digue. J'ai donc bondi sur mon ordi et je me suis permis un petit quinze minutes d'écriture non contrôlée. Puis, je me suis mis en frais de réaménager l'appartement. Je me suis fait un petit coin dans ma chambre avec un vieux secrétaire Louis XVI (réplique) qui encombrait le passage d'entrée. J'ai vue sur le fleuve et je me sens comme un capitaine dirigeant son navire où bon lui semble. La fin de semaine m'a fait un bien énorme. Les vannes sont maintenant ouvertes. Merci Denise! Merci!
Gilles
 Avant je pensais que pour écrire il fallait être sérieux et organisé... Donc ça ne m'intéressait pas trop. Maintenant je sais qu'on peut aussi être un peu fou et pas si organisée que ça pour écrire quelque chose de sensible, alors ça m'intéresse...
J'en profite pour te remercier pour ta générosité et ta sensibilité. C'est un vrai ressourcement de côtoyer des gens humains jusque dans leurs fibres. En passant, je commence ton beau livre et j'ai déjà hâte de le traverser. Je sens que je vais expérimenter plein de choses. Je suis dans un tourbillon de boulot pour l'instant et je remets mon écriture sur la glace. Mais tout ça m'a donné le goût de m'exprimer par les mots. Merci encore!
Diane Letendre
 Merci pour cette belle aventure. Je n'y étais pas vraiment préparée, mon cerveau et mon cœur étaient occupés ailleurs. Mais quel bonheur j'ai eu sur le chemin du retour... Dans mon rang de campagne (40 minutes) je n'ai cessé d'écrire virtuellement... et mon cahier me sert de canevas journalier.
Ghislaine
Chère Denise,
Un air de printemps, de joie de vivre ce moment unique dans ce lieu grandiose avec comme toujours tes idées et tes exercices […] Peut-être suis-en enfin sortie de mon dépanneur? Cela m’a permis de mettre de nouvelles lunettes avec d’autres couleurs. Cela m’a permis l’écriture spontanée mais surtout d’être présente au ici et maintenant ensoleillé ou frileux. Cela m’a permis de m’envelopper de l’air du temps et d’être en duo avec la nature. Cela m’a permis de rire et d’être attendrie par les mots des autres. Cela m’a permis un pas de plus dans mon jardin d’écriture.

Suzanne St-Hilaire
Les pieds dans le torrent, j'ai entendu un craquement : c'était une digue qui se rompait, à l'intérieur de moi, laissant couler ma source, ne serait-ce qu'un instant.

Marie-Josée Perrier
Chère Denise,
Ce week-end fût pour moi l'occasion de prendre un bain d'intériorité au grand air, de vivre une retraite ‘ouverte‘ dans l'abbaye singulier des mots et de faire la connaissance de natures humaines inspirantes. Merci!

Dani-ailes
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